Cependant, je ne suis rien de toute cela, alors je me contenterai de «c'est fucké, 'sti.» Depuis un certain temps, alors que ma vie semble au beau fixe, tout bouge autour de moi, et parfois pour le pire ; tout le monde court après quelque chose sans pourtant n'être jamais près du but. Et moi je me tiens là, immobile, et j'observe. Je tends la main parfois, on la prend ou la laisse tendre, comme d'autres tendues à moi auxquelles je ne vais pas. Serais ingrat de me plaindre: mon quotidien est stimulant ; ma vie, stable ; mon existence, dans le positif. J'ai passé les derniers 18 mois or so à faire la paix avec moi-même et avec d'autres, à fermer des dossiers, à faire le Ménage. Depuis peu -vraiment peu- je tente de faire des plans, courts et moyens, parce que bon, faut pas se le cacher, l'heure de l'époque du temps des grandes décisions approche.
Beaucoup de questions, donc, d'évaluations, mais peu de remises en question, heureusement ; je sais ce que je vaux, reste à savoir ce que je veux. UQAM ou Laval? Montréal ou Québec? Confortable ou excitant? Et mes amis dans tout ça? Et surtout lesquels? Pour, il me semble, la première fois de ma vie, j'ai le sentiment que tout m'est connu autour de moi et que la découverte pourrait être au rendez-vous ailleurs. Mais d'un autre côté...
Dans deux mois, pile poil, je serai dans l'avion (y'a toujours qu'un avion, z'avez remarqué? Comprenez pas? Pas grave, j'me parle), direction Philippines. Trois semaines. Stage humanitaire. La grosse affaire. À mon retour, fort probable que je sois troublé, que mes perceptions changent. J'en suis conscient, je l'ai vécu d'à côté. Possible aussi que rien ne change ; je suis ouvert. Reste que je ne sais pas qui je vais être dans 2 mois ¾ et je dois choisir ce à quoi je vais consacrer les trois prochaines années et, si je suis chanceux, toute ma carrière. Ça te perspectivise un homme.
Mais trêve de «moi, moi, moi», et parlons un peu de vous! Parce qu'en jetant les bases de ce blogue, les choses étaient claires: pas de moi. Que du vous, que du il(s), du nous, au pire. Même dans mes réflexions personnelles, je voulais rester impersonnel à la mesure du possible. Mais ça, c'était au début. À présent, j'ai soif de quelque chose de plus intime, de plus profond, plus littéraire. Je me rend compte que les longs textes enflammés qui faisaient autrefois ma force, souvent crus et erronés, ont commencé à m'ennuyer. C'est pourquoi j'ai peu à peu pris l'habitude de ne lancer qu'une réplique par ci, par là, vidéos et citations. C'est peut-être signe qu'il me faut me consacrer à autre chose, à l'écriture, la bonne, celle qui construit plutôt qu'instruit. Si vous vous sentez comme adolescente écoutant le long monologue nostalgique de son amoureux, voyant venir la rupture, les pleurs et la mutilation ad vitam eternam, rassurez-vous! Je ne vous quitte pas tout de suite et j'ai toujours trouvé d'une tristesse consommée les fermetures de blogues. Seulement, je vois mon 400e arrivé (ben oui, comme Québec!) et, tant qu'à continuer à moitié, autant attendre une occasion, un événement spécial pour me dévierger le 400 (call me symboliste) et après, on verra. Ce sera peut-être demain, peut-être dans une semaine, fort probablement dans deux mois, don't know. En attendant, bonne route, buvez bien et on s'reparle bientôt. Au pire, à la fin janvier.